Création 2006 / 2007
Écriture : Émilie Beauvais
Mise en scène : Béatrice Bompas
Création musicale : Christophe Serpinet
Scénographie / Costumes : Chantal Guinebault-Szlamowicz
Création lumière : Serge Lattanzi
Distribution :
Adeline Benamara, Margot Forissier, Fabien Grenon,
Julien Rocha, Cédric Veschambre.
À L'IMPOSSIBLE
Définitions /Definitions
(Petit Larousse)
Amour : Elan (physique ou sentimental) qui porte un être vers un autre.
Love:
Drive (physical or sentimental) drawing a being towards another.
Idéal : Perfection que l’esprit s’imagine sans pouvoir y atteindre complètement.
Ideal:
Perfection which the mind imagines without quite being able to reach it.
Amour idéal : Elan (physique ou sentimental) qui porte un être vers un autre en quête d’une perfection que l’esprit s’imagine sans pouvoir y atteindre complètement.
Ideal love:
Drive (Physical or sentimental) drawing a being towards another in quest of a perfection which the mind imagines without quite being able to reach it.
Le Cantique des cantiques est un des textes fondateurs de l’aspiration divine de l’amour humain. Appelé aussi « Chant des chants », c’est toute la musique sensuelle de cet appel à l’autre idéalisé. D’une certaine façon c’est l’amour que nous racontent les contes de fées, cette impossible osmose avec cet autre, appelé dans le langage populaire « la moitié ». La moitié de moi-même qui ne suis donc qu’une moitié moi-même, attendant l’autre partie pour former mon tout. Je suis donc une moitié d’être, solitaire, boiteuse, inachevée mais définitivement en quête.
Le Cantique des cantiques sera donc dans cette proposition, le chant d’appel unificateur, le chant de l’idéal, une parole portée par chacun des acteurs, comme une litanie du désir de vivre l’amour à une place rêvée.
Chambre secrète
Cantique des cantiques
Petits drames ludiques, la place du mouvement
Fragments d’un discours amoureux, de Roland Barthes
Le vocabulaire amoureux est extrêmement physique.
Nous «courrons» après quelqu’un, nous «tombons» amoureux ...
L’amoureux est en mouvement. Le mouvement devient ici le langage premier, commun à tous, dé-socialisé, expression de la pulsion, de l'état primitif. Sincérité et nécessité sont donc, comme pour le travail du clown, au centre de notre recherche dont le code théâtral diffère.
L énergie de ce jeu est une énergie de l’extrême intériorité. Elle doit habiter chaque millimètre du corps de l’acteur, toujours en tension ce qui exclue les débordements du psychodrame.
Le vocabulaire se veut précis, intense, il puise dans l’intimité pour toucher l’universel. Ainsi la traversée du Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes est la base des situations de jeu. C’est un véritable champ poétique, très loin de l’anecdote.
Univers, Propos mise en scène
Ce spectacle est un travail sur le «bégaiement» (hésitations, désirs, émois, émotions, troubles) de nous-même face à l’amour.
Alors que ce thème a traversé les temps et les arts, nous n’en sommes pas plus instruits, et nous n’avons pas gagné en cohérence dans notre quête de l’autre. Aussi posé, raisonnable soit-on, l’amour est synonyme de désordre, de dérangements multiples, d’inadéquations, de hasards intérieurs ou extérieurs, de joies fulgurantes, de dépressions subites ...
La liste n’est pas exhaustive, le spectacle ne l’est pas non plus (à l’impossible nul n’est tenu).
Nous allons considérer les débordements amoureux sous trois angles différents pour les décrypter, essayant par l’humour d’en contrebalancer la gravité.
BB
Il s’agit d’un véritable travail d’écriture, une aventure partagée entre les acteurs, l’auteur et moi. Émilie Beauvais est le témoin des drames ludiques, elle retranscrit par le filtre de son regard l’emprisonnement volontaire de l’état amoureux.
Cette collaboration est née de la découverte de son écriture avec la pièce « La cerise sur le toit ». Puis par la lecture d’autres textes, plus courts, théâtraux ou proches de la nouvelle comme « L’homme Julien », « Hakim », «Premier tango à Paris », « Dès aujourd’hui ».
Son écriture est un regard sensible, qui dessine le contour des violences, les laisse se deviner. Il était important que ce deuxième langage de la création soit porté par une écriture exigeante, qui transforme une pensée de la pudeur des mots, ou peut- être de l’incapacité à dire.
Le chaos originel ou l’état amoureux traité de la manière la plus contemporaine qui soit. C’est l’essence de la nouvelle création de Béatrice Bompas, « À l’impossible », actuellement à l’affiche du centre culturel Louis-Daquin.
BÉATRICE BOMPAS ou l’impossible challenge réussi. Ainsi pourrait-on qualifier la pièce de théâtre jouée actuellement au Centre culturel. […]
Le challenge, ce sont les acteurs qui l’ont réussi, capables de jouer sans respecter un ordre chronologique strict. Le thème : l’amour idéal, impossible, mais tellement convoité que laissant la place à tous les débordements, toutes les recherches et combinaisons possibles et imaginables. Un peu comme on restituerait l’apparence d’un rubikub. Une thématique qui peut paraître à priori tragique et qui ne peut donc se digérer comme telle que dans le traitement comique. C’est le choix qui a été délibérément fait par Béatrice Bompas. Un véritable travail de création qui a l’avantage de mélanger les genres. […]
Danse par l’aspect chorégraphié, chant et musique avec l’adroite mise en place des différents discours ou sons qui se juxtaposent. […]
Un travail du corps
Les acteurs peuvent s’affronter et se confronter dans des mises en scène de la vie de couple aussi diverses les unes que les autres, faisant alterner les différentes variantes de l’état amoureux : bégaiement, fou rire, complicité. Le travail sur le langage est issu d’une véritable collaboration entre un travail d’écriture mené par Émilie Beauvais et Béatrice Bompas, spécialement dans le cadre de cette pièce-ci. Le Cantique des cantiques est ainsi déclamé à plusieurs voix devant un micro pendant que les acteurs évoluent sur scène. « Tiré de la bible, il représente le chant de l’idéal » explique la metteur en scène. [...]
JMJ
La Tribune-Le Progrès, le 1er décembre 2005
Spectacle subventionné par la Ville de Saint-Etienne, le Conseil Général de la Loire et la Région Rhône-Alpes. Coproduction : Cie de la Commune/Centre Culturel de la Ricamarie, scène régionale.